L’appareil photo jetable

Tout le monde né avant la fin des années 90 se souvient d’avoir utilisé au moins une fois dans sa vie un appareil photo jetable. Quand tu partais en voyage en étant petit, tes parents t’achetaient sûrement un jetable dans un supermarché et tu avais la lourde tâche de pas louper toutes les photos pour les montrer à tout le monde après. Tous rattrapés par le numérique, les reflex puis par la nouvelle mode des instantanés, je remarque que très peu de personnes utilisent encore le jetable. Spécimen bien à part, je l’utilise encore et je l’aime de toutes mes forces.

Tout ceux qui me côtoient me demandent pourquoi je continue d’utiliser ce petit appareil et j’aime bien m’expliquer sur celui que j’imagine malheureusement voué à la mort d’ici quelques années. J’ai appris qu’il n’y avait plus qu’un centre de développement en France, c’est dire si la mort est proche. Mais bon, je m’accroche et j’en profite.

D’abord, j’aime le temps qui s’écoule entre le moment ou j’ai pris la photo et le moment ou je vais chercher mes développements. Je suis tellement heureuse d’emmener mes pellicules que j’ai appris à être patiente et mieux apprécier les images que je capture. J’ai souvent de bonnes surprises mais des fois je me demande vraiment qu’est-ce qui m’as pris de prendre cette photo… Au quotidien, comme en vacances j’aime avoir au moins un jetable sur moi car j’ai l’impression que ce sont des moments d’avantage spontanés et uniques que je vais avoir envie de photographier.

Ensuite, je n’aime plus m’encombrer avec mon reflex, plusieurs objectifs, mon instantané et ma GoPro, du coup je choisi à tous les coups le jetable car il est léger, on peut le glisser dans la poche et en plus je n’ai jamais peur de l’abîmer. Il est facile à utiliser et je ne fais plus patienter mon mec à savoir si c’est bien cadré, si il y a assez de lumière où si la mise au point est bonne. J’appuie et on verra bien. Avec lui, je n’ai pas envie de faire de belles photos, ni de les comparer entre elles, j’ai juste envie d’immortaliser un moment unique grâce à un seul petit clique. Le jetable, je trouve, donne un côté plus artistique et authentique à la photo car elle n’a pas besoin de retouche pour être jolie.

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Relaxée dans les transports

Je voue un sacré culte aux trajets dans les transports. À la différence des clichés « c’est quand qu’on arrive ? » ou des parents qui inventent toutes sortes de jeux pour faire passer le temps plus vite aux enfants, j’ai la plupart du temps trouvé que les trajets m’étaient mentalement bénéfiques. Je suis aussi consciente que dans le métro aux heures de pointe c’est pas la même histoire. Je me considère chanceuse de ce point de vue là car en Province les transports sont assez propices au calme.

J’ai pas mal écouté les gens se confier sur leurs propres tactiques pour méditer ou lu des bouquins de développement personnel qui tentent de t’apprendre comment faire. J’ai essayé en vain, de m’y mettre, pour me sentir plus zen, sans comprendre réellement ce que ça voulait dire. Que ce soit avec des applications dédiées, un coussin de relaxation, allongée dans mon lit ou assise sur un rocher au sommet d’une montagne, j’y arrivais pas. J’ai essayé de laisser venir mes pensées et mes émotions, histoire de les accepter, mais j’ai surtout eu l’impression qu’il se passe des choses autour de moi dont je ne peux pas faire abstraction. Un bruit, un besoin, un mouvement, une envie, une tâche oubliée, une poussière, un insecte… Un maudit détail va subitement se mettre à m’obséder. Du coup, j’ai lâché l’affaire depuis.

C’est très récemment que je me suis rendu compte qu’en train, en avion, en voiture, en vélo, en bus, en bateau ou en moto, peu importe le moyen de transport en fait, j’arrive à me relaxer. Il n’est pas vraiment question de sensation physique car je n’essaie pas de parcourir mes sensations corporelles à la loupe mais je laisse plutôt aller mon cerveau à rembobiner automatiquement une multitude d’instants de ma vie pour mieux comprendre les émotions que j’ai pu ressentir.

C’est ce perpétuel mouvement autour de moi, tantôt lent ou rapide en train, élevé et insaisissable en avion où répétitif en bateau qui me permet de penser à tout et n’importe quoi sans pour autant que je sois obsédée par l’une d’entre elle au point de sentir l’anxiété montée. C’est un moyen de transport qui m’emmène à une autre destination mais qui aussi me fait voyager dans mon propre cerveau. Le nez collé à la vitre de la voiture ou les cheveux au vent sur un vélo, voyager dans les transports me fait prendre conscience de certaines choses où me permet de me défaire de certaines pensées envahissantes et finalement font de moi quelqu’un de plus détendue.

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L’Islande

C’est en Islande que j’ai emmené mon homme pour ses premières vacances à l’étranger.

On est arrivé à l’aéroport de Keflavík un dimanche gris vers 23h. On a pris une des navettes mise à disposition par l’aéroport, gratuite et qui te dépose devant ton hébergement à Reykjavik. Le lendemain on voulait quand même se balader pour s’imprégner un peu de la capitale Islandaise avant de s’éloigner plus à l’Est. Nous avons donc passé deux jours à Reykjavik, le dimanche en arrivant et le samedi avant de repartir. On a tous les deux trouvé que c’était suffisant.

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Reykjavik est la capitale de l’Islande et la ville la plus peuplée avec un peu plus de 120 000 habitants. C’est une ville assez mignonne avec de jolies maisons colorées. J’ai trouvé les Islandais assez froids et plutôt tristes. Malgré le fait qu’ils soient classé dans le top des pays les plus heureux du monde, j’ai lu qu’ils étaient surtout bourrés d’anti-dépresseurs et avec le taux de suicide le plus élevé d’Europe. En tout cas, cette espèce de morosité, je l’ai bien ressenti. Si l’on se fie aux deux jours passé la bas, c’est un peu évident que tout le monde aie le cafard avec ce temps si gris. En tout cas, peut être que la tristesse à du bon car elle laisse s’exprimer les Islandais à travers l’art, notamment le street art, présent partout dans la ville et pour le coup vraiment fabuleux.

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Nous étions choqué de voir que la nourriture pouvait coûter si chère (28 euros un kebab quand même). On s’est fait plaisir dans un resto à la fin du séjour, chez Apotek, un petit resto en ville, mais le reste du temps on mangeais du pain de mie et du jambon qu’on avait acheté chez Bonus, la chaîne de magasin la moins chère.

Le lundi, après avoir récupéré notre petit berlingot tout équipé (lit, petit frigo, rangements, couvertures et sac de couchage, vaisselle, petites gourdes offertes…) on a filé vers le Cercle d’or. Il est déjà 19h et notre premier et dernier stop sera Þingvellir (ce drôle de Þ se prononce « th »). Le paysage marque en fait l’ouverture crée par la frontière entre les plaques tectoniques Nord-Américaine et Eurasiennes. On peut se balader au milieu de cette énorme faille et c’est assez époustouflant.

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Après une nuit au camping de Langarvatn (la douche est gratuite youpi) on continue en vers Geysir ou l’on se balade au milieu de petits ou grands geysers et surtout au milieu des touristes qui descendent des bus en masse. C’est assez impressionnant de voir des geysers d’aussi près. Strokkur, le geyser le plus grand jaillit environ toutes les 5 à 10 minutes environ et envoie de l’eau jusqu’à plus de 30 mètres, le phénomène est assez fou.

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On continue la route vers Gullfoss, une chute de 32 mètres assez originale puisque ses cascades sont en zigzag. Et mon dieu comme c’est grand. Un petit chemin est accessible pour avoir différents points de vues de la chute. Il y a une telle puissance qu’on est vite mouillé, même en étant quand même loin.

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A plusieurs reprises, on se rend compte qu’on est qu’à 1h30 de Reykjavik mais que les paysages ont déjà changé et que plus on avance vers l’Est, plus c’est époustouflant. Comme il ne fait jamais nuit à cette période de l’année et que la météo est assez stable, on hésite pas à s’arrêter dès qu’on remarque un petit coin sympa ou qu’on voit un petit panneau point d’intérêt sur la route.

On décide de descendre vers le Sud et d’aller voir le cratère Kerið, à 15km au nord de Selfoss. C’est un ancien volcan au cratère rempli d’eau turquoise. On peut faire le tour sur les bords du cratère et c’est assez intéressant de voir l’évolution de ce phénomène naturel.

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On continue la route vers l’Est pour rejoindre Seljalandsfoss et c’est là qu’on se dit que l’Islande c’est petit quand même. En fait c’est plutôt que chaque cascade, chaque petit bout de nature mériterait qu’on s’y arrête. C’était la première fois que je me baladais tout derrière des chutes aussi hautes et t’es quand même pas mal trempé puis t’as froid faut pas se mentir. Mais c’est beau. Et c’est là où Justin à marché donc bon…

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Le soir on a dormi au camping juste à côté de la chute et ce dont je me souviens c’est surtout que la douche et les toilettes étaient bien crades et qu’il y avait tellement de foule dans la cuisine le matin qu’on avait même pas la place pour faire chauffer l’eau de notre thé. Enfin bref. Du coup on est parti tôt et on a roulé que 30 minutes vers l’Est avant d’atterrir à Skógafoss (aussi sur le chemin de Justin, je suis trop fan j’y peux rien).

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Cette belle chute mesure quand même 60 m de haut, autant te dire que tu t’approches pas trop trop près. Mais c’est là que notre voyage à commencé à être intéressant. Sur le côté droit de la chute, t’as un petit escalier qui monte au sommet, un peu raide du coup t’es sûr qu’il n’y a pas tous les touristes qui grimpent. Ça t’amène à une petite plateforme ou tout le monde fait des selfies, mais si tu continues le chemin là ça vaut le coup. On a passé tout l’après-midi à se balader dans ses petits valons et remonter le cours d’eau. Les paysages sont dingues, on se croyait sur la lune. L’herbe est tellement verte, tout douce et molle que t’as envie de te rouler dedans. C’est super calme. Au loin, t’aperçois le volcan Eyjafjallakökull et là tu te dis « mais où est-ce que j’ai atterri nom de dieu ». T’as l’impression d’être au bout du monde et n’empêche que tu te sent vachement petit face à cette nature toute puissante.

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Toujours plus à l’Est, on à voulu faire une halte à Sólheimasandur pour voir l’épave d’avion échouée sur une immense plage. On a pas trouvé ça particulièrement exceptionnel et surtout le chemin est long pour y accéder : 8 km aller/retour sur une plage complètement plate et vide. On a donc poussé jusqu’à proximité de Vik i Myrdal où nous attendais la plage de sable noir entourée d’orgues basaltiques vraiment impressionnants.

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La partie la plus intéressante du voyage arrive, attention les yeux. En continuant toujours vers l’Est, sur la route 1, nous avons profité d’un petit burger à Kirkjubæjarklaustur, d’une bonne douche et d’une bonne nuit au camping pour être près à en prendre plein les yeux le lendemain. Levés tôt, on se prépare chaudement pour aller tout près du Vatnajökull, la plus grosse calotte glacière d’Islande. L’ambiance est vraiment inexplicable, plus on s’approche du glacier, plus l’air est glacial et le son est sourd. Cette langue du glacier n’est pas très jolie, sale et grise, alors on décide de continuer la route pour voir si c’est mieux plus loin.

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On n’a pas été déçu au lagoon Fjallsárlón. Là-bas, le paysage est magique, hors du temps et nous étions agréablement surpris de ne pas y voir beaucoup de touristes. Comme on voulait surtout en savoir plus sur ce glacier et ce lagoon, on a profité d’un petit tour en zodiac avec un guide pour sublimer cette partie du voyage. L’heure est grave, parce que le glacier recule d’années en années et c’est là-bas que tu met une image sur toutes les choses qu’on te rabâche sans arrêt sur le réchauffement climatique, la pollution, le tourisme de masse… Tu trouves rien d’autre à faire que de te taire, face au calme et à la puissance de ce lieu si dangereux. Lorsque le guide t’explique qu’il ne faut pas trop s’approcher du mur de glace avec le zodiac parce que si un bout de glace s’effrite, c’est pas toi qui gagne, tu comprends que la nature là bas elle rigole pas.

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Le mur de glace mesure près de 50 m de haut et ce qu’on voit au fond fait 1000 m.

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Retour plus à l’Ouest où nous faisons un stop au canyon fjaðrárgljúfur, peu fréquenté des touristes, peut être à cause de son nom légèrement difficile à prononcer et la route un peu caillouteuse à emprunter. Ce canyon vaut largement le détour et pendant qu’on marchait sur la crête du canyon, le vide était assez tentant.

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Il ne nous reste que deux jours en Islande alors retour encore plus à l’Ouest où on ne voulais absolument pas louper les sources d’eau chaude. Pas loin d’Hveragerði, on se chauffe la cuisse pendant 8 km avant d’arriver à une rivière chaude et là, nom d’un chien, tu comprends ce que le mot détente signifie. Il y a du monde, mais la rivière est assez longue pour ne pas te baigner collé serré avec une famille d’Américain et bien aménagé pour ne pas avoir à montrer tes fesses à tout le monde quand tu te changes. Le lieu est vraiment touristique, ça se voit aux infrastructures qui rende le lieu un peu moins primitif, mais quand t’as fait une longue marche et que tu te détend dans une eau chaude comme celle-là, tu ne penses plus à rien. C’est une autre histoire quand tu dois repartir pour 8 km de retour…

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Tu te baigne pas là dedans clairement, ça doit bien faire plus de 100 degrés.

Pour notre retour à Reykjavik, on voulait aller observer les animaux marins au lieu de faire comme tous les touristes qui les mangent au resto (oui on trouve du dauphin en sauce dans les restos Islandais, improbable). Le capitaine du bateau m’a tellement touché avec son discours et son amour pour ces grosse bêtes que j’ai passé les 3h en bateau avec des « oh » « waou » « oh non » « olala » et une nouvelle passion pour les baleines.

On a senti le feu et la glace, on a sali nos chaussures et mouillé nos cirés. On a côtoyé les moutons et les baleines, on a mangé du pain de mie assis dans un berlingot et on a dormi alors qu’il faisait jour. On y repensera longtemps à cette belle terre de contrastes.

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La rentrée

 

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Cette semaine, c’était ma rentrée. Le 15 septembre, j’ai dit au revoir à mes collègues préférées, la Savoie et mon appart pour un nouvel épisode Jurassien en compagnie de mes parents. De retour le temps de trouver un autre job, moins ennuyeux que le précédent, le temps aussi de me chercher, de prendre du temps pour faire des choses qui me plaisent et de rien faire aussi.

Je crois que je n’ai pas toujours aimé la rentrée. Au collège je la haïssait, pour moi c’était trop de pression sociale, fallait s’habiller à la mode pour être écarté du club des pitoyables, limite s’habiller comme une te-pu pour faire partie du club des beautés, genre le string qui dépasse et le petit bijou sur la dent. C’était un peu n’importe quoi quand j’y repense. J’ai fais des progrès la dessus, quand j’étais au collège je jugeait énormément les gens sur leur façon de s’habiller. Ça ne m’empêchait pas de leur parler, au contraire, je me rassurait à leurs côtés, loin de l’influence je pouvais être moi en entier, mal maquillée ou mal sapée ils s’en fichaient. Je les taquinais un peu parce que j’aime bien ça, encore maintenant. Ça rapproche l’agacerie. Je me moquais mais gentiment et je crois que ça ne les dérangeait pas, en tout cas ils avaient l’air de bien m’aimer. Je faisais ami/ami avec tout le monde parce que je voulais réunir les gens après, j’aime bien que les gens s’entendent bien, je préfère que tout le monde rigole et que tout le monde s’aime. Je crois que j’étais un peu Suisse, un peu neutre à ce moment de ma vie. Je me cherchais un peu mais je suis contente de pas m’être donné d’étiquette et d’être passé outre les étiquettes des autres.

Au lycée, je crois que je me la pétais clairement mais sans que ça se voit d’trop. C’était l’époque où je buvais les paroles des BB Brunes, calé sur les genoux de mon mec de l’époque, guitariste dans le seul groupe de « Rock » du village, une Marlboro Light entre l’index et le majeur, un peu comme dans LOL tu vois, le cliché. Je me la pétais parce que toutes les filles n’en pouvaient plus de mon mec, elles étaient toutes à ses pieds comme des groupies. Moi je me réjouissait de sortir avec le type le plus branchouille du coin, je me croyais la plus chanceuse tsé. J’ai quand même fais deux rentrées accompagnées de ce gaillard et un jour, j’ai plus eu envie d’être en couple. En fait je pouvais même plus me supporter moi. On dit qu’il faut s’aimer avant de pouvoir aimer quelqu’un. Alors je l’ai quitté, parce que je pensais bêtement que c’était lui qui était à l’origine de cette espèce d’angoisse. Ma dernière rentrée au lycée fut donc la pire de toute ma scolarité.

Mes rentrées à la fac, je m’en souviens pas trop mis à part la première et la dernière. Je me rappelle que j’ai rencontré un tas de personnes bien trop cool comparé au lycée. J’ai fais trois universités en tout, donc une que j’ai abandonné au bout de quinze jours parce que je crois que je trouvais les gens pas assez intéressants. Mon année à Québec c’était la plus belle des rentrées, j’étais bien et juste contente parce que tout était vraiment nouveau et c’est ça qui me plait le plus quand j’y repense. Quand on devient adulte, on s’en fout un peu et on te parle plus trop d’elle, à part quand t’as des gosses ou si t’es prof. Pourtant, encore aujourd’hui je crois que c’est pas en janvier que j’aime qu’il y ait du changement mais en septembre. Ptetre parce que je veux conserver l’ado qui sommeil en moi et continuer à penser que je peux changer de job comme de potes au collège, en croyant à chaque fois que ça va rester tout beau tout neuf comme au jour de rentrée. Sauf que non, dans le monde adulte tu comprends qu’après la rentrée, ben c’est la routine. Je crois que je suis pas encore trop capable d’assumer ça, c’est ptetre pour ça que je suis de retour chez mes parents.

Moi et ma phobie

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Le début de ma phobie commence très jeune car je me souviens encore de mes années en maternelle, ou j’allais à l’école en pleurant avec la boule au ventre. Je demandais régulièrement au maitre de sortir de classe parce que j’avais envie de vomir. J’avais toujours mal au ventre et je crois que j’étais déjà angoissée a l’idée de vomir devant les autres. En fait, je n’avais pas peur de vomir, je crois que j’avais simplement peur d’avoir envie de vomir et perdre le contrôle devant mes camarades de classe.

Il est clair que lorsque j’étais en pleine phase de « peur d’avoir peur » je pensais ne jamais m’en sortir, j’avais l’impression que j’allais être enfermée pour le reste de ma vie dans cette espèce de prison mentale. Je ne voyais pas comment je pouvais aller mieux, je percevais uniquement le fait que ça allait empirer de jour en jour. Ma phobie m’empêchait de faire plein de choses, aller au restaurant, aller au lycée, faire du sport, voir un film au cinéma… Je détestais sortir de ma chambre qui était devenue ma zone de confort. Lorsque j’étais obliger d’aller dans un lieu public, il fallait toujours que je repère l’emplacement des toilettes histoire d’en être proche au cas où j’aurais envie de vomir… Quand j’y pense, c’est ridicule.

L’année de mon bac était le pic, j’avais peur de tout et je n’allais plus trop au lycée, je ne prenais plus le bus et ma situation empirait au fur et à mesure que l’année avançait. Mes parents ne me comprenaient pas du tout, du coup c’était un peu compliqué car il m’arrivait d’être à table et de pleurer, comme ça d’un coup. Lorsqu’on me demandait pourquoi ça n’allait pas, je ne savais pas vraiment, je savais juste que j’en avais marre d’être prisonnière de cette peur d’avoir envie de vomir.

Un jour, j’ai décidé d’en parler à un ami au lieu de me cacher derrière les vieilles excuses que je donnais lorsque je ne venais pas en cours ni aux soirées. Je n’avais pas envie que les autres perçoivent mon mal être, du coup j’inventais des excuses bidons pour ne pas sortir. Je n’étais pourtant pas exclue, j’avais des amis, jamais d’ennemis et les garçons s’intéressaient même à moi. Je faisais rire, j’étais curieuse de tout mais mon angoisse prenait toujours le pas sur les choses positives. J’ai entamé des séances avec une psychothérapeute pour comprendre d’où venait le problème. Ce n’était pas facile. À chaque séance, je versais probablement des litres d’eau. Cette étape d’introspection m’a permis de comprendre pourquoi cette phobie était là et faire en sorte de ressurgir des élément du passé pour aller droit vers un avant bien meilleur. Le fait d’en avoir parlé à Léo, le fameux ami, m’a aussi permis de mettre des mots sur mes émotions et de voir que je n’étais pas la seule à avoir des phobies ou des peurs irrationnels.

Chaque jour était donc un affrontement entre moi et ma phobie. Puis le jour de mes 18 ans j’ai compris qu’elle faisais partie de moi et que si je ne l’acceptais pas je n’arriverais jamais à lui dire gentiment « allez, casse toi de là ! va t’en ». Alors avec les conseils de ma psy, à chaque fois que je stressais, que j’avais envie de vomir, j’essayais d’accepter le fait de vomir, j’essayais de m’y préparer et de respirer lentement et profondément afin d’accueillir cette pensée. Petit à petit, je me fixais un objectif hebdomadaire, je réussissais à aller faire les courses avec ma mère, aller au cinéma, à la bibliothèque, passer le code, passer le permis, aller à un concert… C’était comme si chaque objectif me faisait sortir doucement de ma phobie et qu’à chaque pas de réalisé, ma phobie diminuait ou plutôt mon cerveau reprenait les rênes !

Un jour, j’ai compris que j’étais guérie, que je ne cherchais plus les toilettes dans les lieux publics et que je pouvais prendre le bus sans avoir peur de vomir. Le fait de sortir petit à petit de ma zone de confort et de me bousculer a littéralement fait de moi quelqu’un d’autre, ou tout du moins m’a permis de retrouver cette fille que ma phobie avait effacé. Je me remercie chaque jour de m’être poussé à aller faire mes études à 300km de chez mes parents, d’avoir eu le déclic de le faire et ensuite le courage. Il n’y a pas de solution miracle et il ne suffit pas du claquement de doigt de Joséphine Ange gardien pour se sortir d’une phobie. C’est un travail quotidien qui demande beaucoup d’énergie et de volonté. Je ne suis pas guérie grâce à mon entourage mais bien grâce à moi, grâce à une force que j’ai fait naître et qui continue de carburer. Il y a dix ans, je n’aurais jamais imaginer en être là, avoir étudier, voyager des heures en bus, en avion, en voiture, en train, en bâteau… danser, chanter, grimper des sommets, skier, nager et manger et aimer tout en profitant !

 

La randonnée du dimanche

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Le soleil est de nouveau là en Savoie, et la motivation aussi. Nous avons enfilé les chaussures de montagne pour nous hisser à 2517 mètres d’altitude, au milieu des lacs, des hauts sommets et des marmottes !

Malgré mes coups de soleil, nous n’avons pas eu trop chaud en haut. Mais les 15km – 900m de dénivelé – 23600 pas enregistrés par Google Fit nous ont bien réchauffé quand même. Le paysage était grandiose et la nature ne déçoit jamais !

Nous avons mangé au Lac des Vaches, avant de monter au col et la particularité de ce lac c’est que l’on peut le traverser sur un petit chemin de pierres. Il n’y a plus beaucoup d’eau mais par contre il y a tellement d’argile au sol, c’est impressionnant. Les marmottes ne sont pas farouches, elles ont l’air plutôt habituées aux passages bruyants des humains. C’était la première fois que j’en voyais d’aussi près et c’est vraiment trop mignon.

 

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Volontés d’été

L’été reste de loin une de mes saisons préférées avec le printemps : du soleil, de la légèreté, plein de fruits et légumes, de la chaleur et la possibilité de passer ces week-ends dans les lacs avec l’excuse des 30° pour ne rien faire. L’été, je fais beaucoup plus de projets qu’en début d’année parce que j’ai l’impression de renaître à cette période. L’hiver me rend souvent toute triste, morose ou nostalgique, un peu comme le temps. Au printemps je recommence à prendre du poil de la bête pour être au top en été. Voici donc quelques unes des énergies que je déploie à l’arrivée de l’été !

 

Faire du sport en plein air

Les beaux jours me donnent envie de sortir, d’aller me balader et d’aller dans l’eau. Je n’aime pas trop rester allongée sur la plage et comme il y a beaucoup de lacs où de rivières à proximité de chez moi j’en profite pour faire du paddle et un peu de canoë le week-end. C’est tellement relaxant de se retrouver au milieu d’un lac avec uniquement le bruit de l’eau et du vent.

 

Faire plus de jardin

J’ai désormais quelques petites plantations sur mon balcon : plusieurs fraisiers, un framboisier et un plant de tomate. Mon objectif est dans un premier temps de les garder en vie et ensuite de les chouchouter pour qu’elles me fassent quelques petits fruits. Les framboises et les fraises ont déjà donné quelques fruits, je n’attends plus que la tomate !

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Vivre plus lentement

J’ai tendance à prévoir plein de choses, faire le maximum de projets possibles quitte à être carrément déçu lorsqu’ils ne se font pas où les annuler au dernier moment. Je déteste m’ennuyer, il faut toujours que je sois en train de faire ou planifier quelque chose et mon objectif avant fin 2017 c’est d’arriver à vivre plus lentement et apprécier lire un bouquin sur ma terrasse, prendre le temps de manger, de marcher, de contempler les détails…

 

Me remettre au chant et à la guitare

Je me suis racheté une guitare dernièrement et un de mes passe temps favoris quand j’étais au lycée c’était de composer des chansons et les chanter accompagnée de ma guitare. Je m’y remet tout doucement et c’est une activité qui me détend beaucoup et m’aide aussi à extérioriser ce que je ressens. Il faudrait que je prenne confiance en moi pour arriver à jouer devant mon copain mais pour l’instant c’est une chose que j’aime faire seule, c’est un peu mon petit repère personnel.

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Faire plus de photo

J’ai un peu abandonné la photo depuis que je travaille et j’ai de plus en plus envie de m’y remettre sérieusement. J’ai la possibilité d’emprunter de très bons appareils au boulot et en plus, le blog me donne envie de m’y remettre sérieusement alors cet été, je photographie !

 

Dessiner plus

Ca fait un bon de temps que je ne dessine plus trop alors que c’était ma passion quand j’étais plus jeune. Les études, le travail n’aident pas à conserver cette petite routine que j’avais alors cet été, je me suis dit que j’allais m’y remettre tout doucement.

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