Relaxée dans les transports

Je voue un sacré culte aux trajets dans les transports. À la différence des clichés « c’est quand qu’on arrive ? » ou des parents qui inventent toutes sortes de jeux pour faire passer le temps plus vite aux enfants, j’ai la plupart du temps trouvé que les trajets m’étaient mentalement bénéfiques. Je suis aussi consciente que dans le métro aux heures de pointe c’est pas la même histoire. Je me considère chanceuse de ce point de vue là car en Province les transports sont assez propices au calme.

J’ai pas mal écouté les gens se confier sur leurs propres tactiques pour méditer ou lu des bouquins de développement personnel qui tentent de t’apprendre comment faire. J’ai essayé en vain, de m’y mettre, pour me sentir plus zen, sans comprendre réellement ce que ça voulait dire. Que ce soit avec des applications dédiées, un coussin de relaxation, allongée dans mon lit ou assise sur un rocher au sommet d’une montagne, j’y arrivais pas. J’ai essayé de laisser venir mes pensées et mes émotions, histoire de les accepter, mais j’ai surtout eu l’impression qu’il se passe des choses autour de moi dont je ne peux pas faire abstraction. Un bruit, un besoin, un mouvement, une envie, une tâche oubliée, une poussière, un insecte… Un maudit détail va subitement se mettre à m’obséder. Du coup, j’ai lâché l’affaire depuis.

C’est très récemment que je me suis rendu compte qu’en train, en avion, en voiture, en vélo, en bus, en bateau ou en moto, peu importe le moyen de transport en fait, j’arrive à me relaxer. Il n’est pas vraiment question de sensation physique car je n’essaie pas de parcourir mes sensations corporelles à la loupe mais je laisse plutôt aller mon cerveau à rembobiner automatiquement une multitude d’instants de ma vie pour mieux comprendre les émotions que j’ai pu ressentir.

C’est ce perpétuel mouvement autour de moi, tantôt lent ou rapide en train, élevé et insaisissable en avion où répétitif en bateau qui me permet de penser à tout et n’importe quoi sans pour autant que je sois obsédée par l’une d’entre elle au point de sentir l’anxiété montée. C’est un moyen de transport qui m’emmène à une autre destination mais qui aussi me fait voyager dans mon propre cerveau. Le nez collé à la vitre de la voiture ou les cheveux au vent sur un vélo, voyager dans les transports me fait prendre conscience de certaines choses où me permet de me défaire de certaines pensées envahissantes et finalement font de moi quelqu’un de plus détendue.

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La nature, délicieuse thérapie

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D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours traversé des périodes de bien-être intense comme des phases de tourments profonds. Dans les deux cas, c’est toujours d’une extreme intensité que je vis ces transitions. Ces passages, c’est toujours en pleine nature que j’apprécie les vivre, loin des hommes, des transformations des hommes et plus proche du monde physique qui constitue notre réalité.

J’ai toujours eu peur de devenir folle, je me pose beaucoup de questions. Je me pose des questions sur la vie, je m’interroge sur mon propre fonctionnement, celui des autres, celui des plantes ou des animaux et aussi celui de l’univers en général. Mon cerveau ne s’arrête jamais, sans cesse en activité. Comme un volcan qui entre en éruption, mes questions deviennent trop présentes, trop assourdissantes et angoissantes et ma conscience est incapable de prendre le dessus sur elles. Ma conscience c’est un peu comme la Terre, elle subit cette nature vrombissante, ces pensées envahissantes.

Je ne suis pas de nature négative, j’ai beaucoup d’empathie. Lorsque mes collègues sont énervés, que mes parents sont un peu tristes où que mon copain est nerveux je le ressens. Je ressens les émotions des autres et je ne peux pas m’empêcher de les vivre. Je comprends les émotions des gens sauf que je ne peux pas m’en débarrasser, je les garde enfoui au fond de moi et je les peint sur ma propre réalité. Je me confond tellement avec les autres que cette empathie qui me ronge tellement, me pousse à m’éloigner des personnes néfastes, même si je les aime.

Je ne suis pas dépressive, je me réjoui souvent de mes petites victoires, du rire des autres, de la bonté humaine et de la beauté de ce qui nous entoure, mais les réseaux sociaux ont fait de moi quelqu’un de jaloux. Tout le monde se montre sous son meilleur jour mais au final cette façade n’est pas la réalité, pourquoi la montrer ?

Alors lorsque je rentre chez mes parents, dans mon village de 400 habitants avec des champs à perte de vue, des montagnes et des animaux, c’est là que je me dis que la vie est belle tant il y a de choses intéressantes à apprendre de cette nature. La nature il n’y a que ça de réel, de fort et de remarquable et il faut juste s’en inspirer chaque jour pour grandir, évoluer.

On ne peut jamais se lasser des merveilles de la nature, de l’origine des choses du monde et c’est devant elle que l’on s’aperçoit que notre passage est court et qu’il faut faire en sorte de laisser une trace positive devant et derrière soi.